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 Charmante soirée ◊ Alesdair



l'impureté sera traitée et éradiquée
MUGGLE SUPREMACY ☾ ::  :: Edgebaston
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Dim 10 Juin - 21:32

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MESSAGES : 237 LOCALISATION : Quelque part dans Birmingham, occupée à se moquer d'un Impur. EMPLOI : Porte parole du Gouvernement.

carnet personnel
TON PATRONUS: Une vipère, qui apparaîtrait dès qu'elle en ressentirait la nécessité.
DANS TA POCHE: Un miroir, un paquet de cigarettes, un collier de chiens et un bloc notes.
COMPÉTENCES:


Une très charmante soirée


« muggles, wizards, halfblood, mudblood,
uncomfortable truths »

Il était sortit de prison. Voilà la seule pensée qui ne cessait de traverser son esprit, autant dire que ce n'était pas joyeux. Cela faisait quoi, dix ans ? Qu'elle ne l'avait pas vu, qu'elle n'avait pas pris de ses nouvelles, qu'elle ne savait même pas ce qu'il était devenu. Et pourtant, elle n'avait pas oublié. Ni les quelques temps passés à ses côtés, ni les sentiments qui le liaient à lui. Oh, bien sûr, elle se mentait à elle-même, se disant que ce n'était qu'un fantasme d'enfant qui refaisait surface. Elle mentait à son entourage, en ne parlant plus de lui, comme s'il n'avait jamais existé. Et, bien sûr, elle mentait à son propre fiancé (et cousin au passage). Avait-elle d'autres choix ? Pas réellement. En tant que fille Bartholomew, ses choix d'avenirs étaient plutôt limités : obéir aux ordres, ou être forcée à obéir aux ordres. Erin avait depuis bien longtemps compris la leçon. Ainsi, elle ne se faisait plus prier, elle obéissait et quand ça ne lui plaisait pas, elle se défoulait sur ses esclaves. Alors oui, ça poussait la maisonnée à acheter beaucoup, beaucoup trop de marchandises humaines, mais c'était le mieux pour tout le monde. Ca évitait beaucoup de conflits, et beaucoup de disputes inutiles. D'autant que la fille Bartholomew avait totalement conscience de la nécessité d'agir de la sorte. Les alliances politiques et la vie qu'elle menait en façade étaient ce qui maintenaient leur famille. C'était cette apparence-là qui comptait le plus. D'où le fait, effectivement, qu'elle était également porte-parole du Gouvernement. Meilleure manière de se faire bien voir, n'est-ce pas ?

Il était donc revenu en ville. Et, pour se faire bien voir (sans doute), il avait organisé une soirée. Une soirée chic. Était-elle invitée ? Elle s'en fichait de toute façon, elle allait y aller dans tous les cas. Le souci qui se posait, c'était : comment. Oh, pas au niveau d'un transport, là elle n'avait aucun souci, c'était plutôt la tenue. Devait-elle sortir le grand jeu, ou risquait-il de comprendre qu'elle avait toujours un lien avec lui ? Ou au contraire, devait-elle ne faire aucun effort (enfin, rien de plus que d'habitude), ou serait-ce trop froid comme arrivée ? Le temps qu'elle se décide, la soirée était déjà bien avancée. Finalement, elle partit avec une robe bordeaux, décolletée, dos nu, échancré sur sa jambe gauche. Sexy, clairement, mais elle l'assumait pleinement. Ses cheveux blonds avaient été remontés en un élégant chignon, dont seulement deux petites mèches s'échappaient sur les côtés de son visage. Un diamant, sur un fil transparent, décorait son port de tête. Des boucles d'oreilles de perles, discrètes, ornaient ses oreilles. A ses poignets, deux fins bracelets, une bague à son annulaire droit prouvait son statut de fiancée (à son plus grand déplaisir). Perchée sur des escarpins noirs, très fins, très chics, elle était resplendissante. Ravie, elle laissa un maquillage simple parfaire sa tenue : mascara, baume à lèvres, et la voilà partie.

Afin de ne pas faire (trop) parler d'elle, Erin décida de ne pas apporter d'animal de compagnie. Après tout, elle ne voulait pas offusquer son hôte, ne sachant pas ce qu'il pensait désormais de cette situation. Son chauffeur l'emmena à la réception, et une fois à l'intérieur, elle prit une coupe de champagne. Discrète, ses habitudes de noble avaient repris le dessus. Elle saluait poliment les visages qu'elle connaissait, serrait quelques mains, acceptait les baisemains, discutait avec ceux le désirant. Bref, elle savait se montrer totalement courtoise, polie, sympathique. Jusqu'à ce qu'elle le sente, dans son dos. Nul mot n'avait été échangé, elle ne le voyait même pas. Mais elle savait.
Oh que oui.
"Alesdair." Souffla-t-elle, petit sourire sur le bout des lèvres, qu'elle fit disparaître en se retournant. "C'est une très charmante soirée." Ses yeux bleus redécouvrirent son visage, son corps, ce qui lui avait manqué, mais rien ne fila. Ni de ses pupilles en quête d'un éventuel reste, ni son visage. Parfaitement maître de son corps, elle le voulait, mais se l'interdisait. Après tout, n'était-ce pas à cause d'elle tout ceci ? En tout cas, c'est ce qu'il devait, très sûrement, penser.


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Jeu 26 Juil - 23:53

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Ce n'est sans doute pas une bonne idée. Cette soirée. Cet étal de richesses. Tu te pavanes comme un roi au milieu de la foule, Alesdair. De longues années se sont écoulées. Le petit prince des bas fonds de Birmingham n'est plus. Le temps a fait son ouvrage, t'a forgé de nouveaux traits. Plus durs. Plus vieux. Quelques rides se sont posées aux coins de tes yeux et de tes sourires. Elles soulignent une sagesse nouvelle, que tu n'avais pas autrefois. Que tu n'avais pas, en plongeant dans les bras d'une blonde. Une vipère aux sourires incandescents. Une Bartholomew, qui a su t'ensorceler d'un regard. Inutile de revenir là-dessus. Cette soirée, donc ? Une vaste mascarade. Une manière de te replacer sur le devant de la scène, de montrer que tu fais ton retour. Que tu n'es pas mort. Le tout s'est organisé assez rapidement, mais rien n'est laissé au hasard, vu les récents événements de la ville. La sécurité est renforcée – il faudrait être un peu fou pour s'attaquer à tes convives ou à ta propre personne. Pourtant, tu le sais ; tous ici ne te veulent pas que du bien. Ton retour fait des envieux. Certains voient en cela une chance de se venger et de te faire tomber pour de bon. Mais il y a cet adage ancien qui conseille d'être proche de ses amis, mais encore plus de ses ennemis. Et dieu sait qu'ils sont nombreux ce soir. Ils ont assisté à ton ascension, puis à ta chute. Certains s'en sont frottés les mains. D'autres en ont profité, vautours dans la masse. Certains n'ont rien dit et sont simplement passés à autre chose. Bien peu ont été peinés par ton sort ; c'est connu, être un criminel a nécessairement, à un point, des conséquences terribles. Tu en as aperçu une partie. Tu t'es endurci, Alesdair. Tu as voulu devenir inatteignable et c'est l'impression que tu donnes, ce soir, alors même que cette petite sauterie dessine une nouvelle cible sur ta personne. Tu es de retour dans la partie et ça ne plaira pas à tout le monde. C'est une certitude.

Tu t'étais promis de rester loin, si tu apercevais cette chevelure claire au milieu de la foule. Et pourtant, tu approches, comme Icare ; bien trop près du soleil. Toutes ces années n'ont pas suffi. Toutes ces réflexions, tu les balayes d'un revers de main, en décidant de venir lui parler. Tu te tiens droit, géant à côté de sa frêle carrure. La ligne de sa nuque, la finesse de ses épaules. Ça te tue de te rendre compte que tu n'as rien oublié d'elle. Même pas son parfum. « Miss Bartholomew. » Et pas Erin. C'est comme si tu avais peur que son prénom ne te brûle les lèvres. Tu le gardes dans ta tête. Sans doute pour mettre de la distance avec elle, aussi. Tu attrapes sa main et en effleure le dos du bout de tes lèvres, dans un protocole bien rôdé, presque trop officiel. « Elle l'est d'autant plus, maintenant que vous êtes arrivée. » La vouvoyer est une torture à laquelle tu te plies bien volontairement. Tu ne veux pas la laisser se rapprocher ou même lui montrer que sa présence t'affecte. Mais ce regard, tu ne l'as jamais oublié. Cet air froid, non plus. Comme tu n'as pas oublié ses sourires et ces quelques moments de bonheur. Ce que tu pensais être de l'amour, malgré votre différence d'âge et de sang. Tu relâches bien vite sa main et tu te redresses pleinement. « Je ne pensais pas que vous viendriez. » Tu l'avoues enfin. Tu ne pensais pas qu'elle te ferait cet affront. Sa présence ici n'est qu'une provocation de plus – du moins, c'est ainsi que tu vois les choses. Un serveur passe par là et tu récupères deux coupes de champagne, en plaçant une entre ses mains délicates. Elle semble appartenir à une autre vie, que tu aurais vécue une éternité plus tôt. Et pourtant, tu te souviens de tout. Jusqu'à la douceur de ses lèvres contre les tiennes. « Vous avez grandi, depuis la dernière fois. » Un sourire en coin. Une remarque qui n'était pas nécessaire. Tu songeais à cet instant depuis si longtemps et pourtant, tu es incapable de dire quelque chose de cohérent. « Qu'ai-je loupé, pendant tout ce temps ? » Tu n'aurais pas dû lui demander. Simplement tracer ta route. Mais ça aussi tu en es incapable, quand elle est dans les parages.
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Ven 27 Juil - 23:17

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C’était étrange de se trouver là. De savoir sa présence dans son dos et de ne pas voir sa présence. Un léger frisson parcourut son corps, avant qu’elle ne décide de se retourner, retrouvant alors les yeux et le visage bien trop connus d’Alesdair. Que pensait-il d’elle ? que pensait-il qu’elle avait fait ? Oh, au fond, elle se doutait parfaitement qu’il pensait qu’elle l’avait manipulé, qu’elle l’avait fait exprès et, certes, d’une certaine façon, elle n’avait pas rien fait. Elle avait choisi de pouvoir continuer à vivre et à porter son nom. Etait-ce une mauvaise solution ? tout dépendait d’un point de vue. Est-ce qu’elle regrettait les années passées loin de lui ? Certainement, mais le reconnaître lui coûterait bien trop, elle n’y était pas prête.
Son timbre de voix s’élève, faisant naître un doux sourire sur son visage. Ses pupilles pétillent à nouveau d’une excitation qu’elle croyait disparue et elle le laisse attraper sa main, y déposer un baiser des plus officiels. Bien qu’elle soit très surprise – et pas tellement – à l’utilisation de son titre, ainsi que du vouvoiement, elle n’en laisse rien paraître. Porte-parole officiel du gouvernement depuis quelques années désormais, son langage non verbal est – la plupart du temps – sous sa maîtrise complète. A son compliment, elle se contente d’un doux sourire – signe de son appréciation, et discrète marque de sincérité, avant de retrouver un visage poli, mais de convenance. « A vrai dire, je ne pensais pas non plus venir. » Terrible aveu, qu’elle ne cache pas. Ni honte, ni regret ne se dessinent dans ses gestes. Cela faisait des années qu’elle ne l’avait pas vu. Pas une seule visite en prison. Pas une seule lettre. Rien. Se conformant à la politique familiale, elle l’avait rayé de sa vie – ou avait essayé. Pourtant, alors qu’il se trouvait de nouveau devant elle, des années plus tard, le visage vieillissant, rien n’avait changé dans ses sentiments. Malgré ses études, malgré son travail, malgré les cœurs et les corps qu’elle avait chevauché, elle le savait, le sentait, il lui resterait dans sa peau.

Un serveur passe, il attrape deux coupes, de sa main gauche, vierge de toute alliance, elle l’attrape. Discrètement, sans rien laisser paraître, elle laisse de côté sa main droite, désormais affublée d’une bague de fiançailles, signe conventionnel d’un traité familial. « Effectivement. » Petit rire amusé, des pattes d’oie se dessinent aux coins externes de ses yeux. Plongeant son regard dans le sien, elle se permet de lui retourner le compliment. « L’âge vous va à ravir. » Après tout, il n’y avait pas qu’elle qui vieillissait. Enfin, la différence d’âge ne diminuait pas avec les années, mais elle s’en moquait. Étrange non ? Qu’elle cherche autant une figure paternelle, adulte, alors qu’elle est beaucoup plus jeune. Refusant de réfléchir à tout ça, elle se contentant de profiter du physique qu’elle avait devant elle. Appréciant la vue, elle se remémorait sans difficulté les souvenirs passés. Leur idylle avait été un moment de pur bonheur. Loin des codes, loin de sa famille, ça aurait très bien pu fonctionner. Sauf que voilà, pas le bon rang, pas la bonne famille, alors ils en avaient décidé autrement. Lui pardonnera-t-il un jour ce qu’elle a dû faire ? Elle en doutait fortement, tout en l’espérant. Sa dernière question laissa quelques secondes de silence, avant qu’Erin ne prenne la parole. Sans vraiment vouloir l’assumer, elle se sentait terriblement coupable. Rien ne le laissait paraître, bien sûr, elle ne voulait surtout pas apparaître comme faible, mais son cœur savait ce qu’il en était réellement. « J’ai finalement poursuivi, puis terminé mes études. » Léger sourire en coin, elle en avait parcouru du chemin. « Désormais je suis porte-parole officiel du Gouvernement. » Légère révérence à la mention de son titre, plus ironique qu’autre chose, elle laisse un léger rire siffler entre ses lèvres. Courte hésitation, elle roule des yeux, préférant largement oublier de mentionner ses fiançailles. « Malheureusement, je n’ai pas encore la permission de quitter le toit parental. » Une situation qui la désespérait au possible, d’ailleurs. Oh, elle ne crachait pas sur le luxe de sa condition, simplement sur le fait de vivre encore chez ses parents alors qu’elle était financièrement autonome. Une gorgée de champagne vint rafraîchir sa gorge, avant qu’elle ne poursuive. « J’ai donc une fâcheuse habitude à découcher. » Au cas où ça pouvait l’intéresser. « Et vous, depuis tout ce temps ? » Elle laisse un court silence planer, avant de vite reprendre sa phrase, refusant de rappeler la douloureuse situation passée de son interlocuteur. D’un geste vaste, englobant, elle désigne la salle. « Tout ceci m’a l’air… Eh bien, fabuleux ! » Elle laisse un sourire effleurer sur son visage, poursuivant. « Il semblerait que les affaires vont bien. » Erin n’en savait rien, mais elle soupçonnait que c’était le cas.


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Jeu 2 Aoû - 0:17

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Elle ne pensait pas venir et la voilà pourtant devant tes yeux, aussi ravissante que dans tes souvenirs. Sa présence te prend à la gorge, noie chaque artère, chaque veine de ton système d'une certaine amertume. Le passé et le présent se mêlent dans son regard. Une part du futur, aussi, de ce que ni elle ni toi ne pouvez prétendre connaître. Y-a-t-il une place pour vous dans l'avenir ? Tu en doutes grandement. Votre histoire appartient au passé et si par malheur elle devait se poursuivre, ce serait sans doute dans le sang et les larmes. Tu ne la mérites pas. Elle te l'a fait comprendre par le passé et tu as écopé de huit ans de prison pour y songer. Huit longues années à mourir dans ta solitude, à compter les jours avec son souvenir pour te hanter à la nuit tombée. Tu ne l'as jamais oublié. Tu n'as jamais pu oublier la couleur de ses yeux, de ses cheveux, la douceur satinée de sa peau et la caresse de ses lèvres contre les tiennes. Tu n'as jamais pu fermer les yeux sur ces mots d'amour murmurés entre quelques nuits volées. Le rêve fou d'un jeune homme de basse condition, qui s'est épris d'une princesse. Cela ressemble terrible à un triste conte de fées qu'elle et sa famille se sont empressés d'avorter. Maintenant que tu te rappelles de tout ça, as-tu toujours envie de replonger, Alesdair ? Certainement pas. Elle appartient à ton passé, et rien de plus. « Je vous retourne le compliment. » Elle reste jeune, terriblement jeune. Mais le temps a fait son ouvrage sur son visage aussi, a souligné ses sourires froids d'un peu plus de maturité. Elle n'en est pas moins ravissante et elle le sait – une multitude d'esclaves doivent s'employer à le lui rappeler chaque jour. Hors de question que tu t'abaisses à cela à ton tour.

Le récit de sa vie te tient éveillé, le cœur encore fracassé dans ta cage thoracique. Porte parole du gouvernement. Tu acquiesces dans un silence, riant intérieurement de l'ironie de votre existence. Elle défend un camp. Tu en représentes un autre. Son charisme contre le tien. Sa voix contre la tienne. C'était alors écrit dans les étoiles certainement ; vous êtes nés pour vous opposer et vous haïr. Vous déchirer, jusqu'à la fin des temps. « Félicitations dans ce cas. » Elle poursuit et tu te perds dans ses mots, y trouves un double-sens, même s'il n'y en a pas nécessairement. Tu te surprends à chercher une bague sur une de ses mains. Un épisode que tu aurais manqué, qui se présente sous forme d'un bijou onéreux. Ton palpitant loupe un battement en rencontrant le métal précieux. « Et félicitations pour vos fiançailles. J'en déduis que votre famille devrait bientôt vous rendre votre liberté. » Que tu ajoutes dans un éclat de rire ironique. Le cœur percé, tu reprends immédiatement. « Mais j'imagine qu'elle sera de courte durée. Le temps d'un trajet de la demeure de vos parents à celle de votre futur époux. Quelle vie de noble. » Que tu lâches, moqueur et blessé. Tu ne comprends même pas tes propres réactions, cette amertume qu'elle ne mérite pas. Tu devrais te montrer indifférent. Faire comme si la situation ne t'affectait pas. Mais c'est plus dur à faire qu'à dire, n'est-ce pas Alesdair ? La conversation s'oriente plutôt sur ta personne et cela se fait tout en maladresse. Ses mots, les prononce-t-elle volontairement ? Elle sait où tu as passé ces dernières années, à quoi bon remuer le couteau dans la plaie ? Tu aimes croire qu'elle ne l'a pas fait exprès, mais une part de toi te dit que ce ne serait pas impossible. C'est une Bartholomew, après tout. Elle se rattrape en parlant du présent, du faste et du clinquant qui vous entoure. De la poudre aux yeux, pour cacher à quel point ces années d'enfermement t'ont rendu misérable. Sage mais blessé. Sage mais bousillé de l'intérieur, par sa faute. « Hé bien j'ai passé les huit dernières années à tourner en rond dans une cellule miteuse. » Un sourire borde tes lèvres. Tu te veux ironique sur ta propre situation. Et c'est sans doute pour la blesser un peu. Tu finis par hausser les épaules pour regarder ce qui vous entoure. Ton empire. Ta réussite, malgré les tempêtes qui se sont placées sur ton chemin ces dernières années. « Les affaires vont bien malgré tout. Disons que malgré mon absence, j'ai pu compter sur certaines personnes. Des personnes de confiance, qui ont surveillé mes intérêts. » Ta langue claque d'autant plus sur le mot confiance et tu prends soin de la fixer à ce moment précis, pour souligner le fait qu'elle ne fait pas partie de ces individus. « Heureusement que certains individus font encore preuve d'intégrité dans notre monde. Mon empire ne serait plus que poussière si j'avais compté sur les mauvaises personnes. » Nouvelle pique qui lui est adressée. Tu es ravi de la revoir. Tu n'as jamais dit que tu allais être tendre pour autant.
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Lun 27 Aoû - 11:27

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Étrange pour la jeune femme de se retrouver là, avec un homme qu’elle a connu des années plus tôt, un homme qu’elle a aimé – et aime encore, sans bien le comprendre – un homme qu’elle ne reconnaît plus, tout en le trouvant inchangé. Un homme qui a su la changer, la faire évoluer, qui a su l’aimer, la conquérir et finalement, disparaître. Trace amère sur le bout des lèvres, tambour insistant de son cœur dans sa poitrine, il semblerait bien que son corps à elle ne l’a jamais oublié. Comme si, toutes ces années n’avaient été qu’un court instant, que quelques minutes passées loin l’un de l’autre. Et pourtant, il semblait bien désormais qu’un fossé les séparait. Un fossé hypocrite, de courtoisie, de noblesse, d’argent, un fossé qui autrefois les avait rapprochés. Aujourd’hui, Erin se doutait bien que ça ne serait plus jamais comme avant. Challenge ? Ou simple déception ? elle ne savait pas encore, mais laisserait le temps faire son œuvre. Il n’y avait pas grand-chose – voire personne, qui résistait à la demoiselle. De tout temps, la pourrie-gâtée qu’elle était, avait toujours obtenu ce qu’elle désirait. Depuis son plus jeune âge. Alors elle ne doutait pas, si jamais elle avait envie d’avoir Alesdair à ses côtés, à nouveau, elle l’aurait. Il suffisait juste d’attendre, d’agir et, finalement comme toujours, d’obtenir.

Le compliment, soufflé du bout d’une politesse de convenance, la fait tout de même sourire. Elle n’en démord pas, elle sait ce qu’elle vaut, ce qu’elle veut et là, en cet instant, elle regrette la bague de fiançailles à sa main et les impératifs de sa famille. Regrets qu’elle cache joliment, derrière un visage de cire parfaitement habitué aux impératifs de la cour, des rumeurs et de son métier politique. Visage publique, visage de convenance, elle ne laissera pas qui que ce soit lire entre les lignes de son faciès. « Merci. » Répond-t-elle, poliment. Elle ne sait trop que penser de ces quelques mots soufflés. Le pense-t-il ? Ou défend-t-il l’autre camp ? Ou n’en a-t-il simplement rien à faire, comme 90% des gens qu’elle rencontre ? elle préfère ne pas trop y réfléchir. Son cœur se tord dans sa poitrine, alors qu’il souffle les mots qu’elle redoutait tant. Des félicitations, pour ses fiançailles. Un serveur passe, elle descend en une traite sa coupe de champagne, en reprend une autre dans laquelle elle trempe ses lèvres. Sa main droite, porteuse de la fameuse responsable, tremble quelques secondes, avant que son selfcontrol ne reprenne le dessus. Douce enfant qui découvre la vie d’adulte, elle sait bien que son mariage n’est rien d’autre qu’une mascarade, un jeu politique auquel elle se doit d’obéir, un jeu où il est perdant et où elle est malheureuse. Douce naissance noble qui ne lui a jamais laissé le choix. Doux sourire sur le visage, elle ne peut empêcher les ridules d’amusement se creuser aux coins de ses yeux. Il a raison, malgré son sarcasme, il est pourtant très proche d’une vérité amère. « Merci. » Reprend-t-elle, comme un disque usé qui ne cesse de lancer la même mélodie. « Il est vrai que nous n’allons pas être trop dépaysés. » D’autant plus qu’il s’agissait de son cousin, chose qui était connu de beaucoup, mais qu’elle décida de passer sous silence. Préférant – tant qu’elle le pouvait en tout cas, éviter de l’affirmer. Était-ce un sentiment de honte ? Peut-être, elle-même ne mettait pas le doigt dessus. « Une vie arrangée, mais soigneusement préparée pour notre plus grand bonheur, n’est-ce pas ? » Se permet-elle quand même de dire, léger sarcasme caché par une maîtrise exquise de son timbre de voix.

Sourire gêné sur le visage, elle s’en veut. Qu’est-ce qui lui a pris de poser une telle question ? « Navrée, je ne voulais pas… » Quoi ? Lui rappeler la situation ? Le faire souffrir d’un passé qu’elle passait enterré, mais qui a défini toute sa vie, à lui ? Moue gênée, elle préfère ne pas finir sa phrase et avaler une gorgée de champagne. « J’en suis ravie pour vous ! » Après tout, c’était le cas. Même si elle préfère ne pas s’attarder sur les piques qu’elle perçoit derrière ses propos. Elle n’était pas l’une de celles à qui il pouvait se fier. « Il faut savoir sortir les bonnes cartes du jeu pour s’assurer de gagner. » Erin ne faiblit pas et ne lâche pas son regard. Provocante jusqu’au bout des ongles, il n’était pas né l’homme qui la ferait lâcher. « Parfois, certaines cartes sont jetées, sans que l’on ne comprenne pourquoi. » Elle poursuit, bien motivée à conserver sa métaphore jusqu'au bout. « Tous les jeux ne mènent pas à la victoire, surtout quand on ne maîtrise pas encore cet art. » Elle n’avait pas été à l’origine de la décision qu’avait pris ses parents. Mais elle assumait d’avoir sauvé ses fesses. Chose, qu’évidemment, il ne pouvait point savoir.


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Dim 16 Sep - 17:45

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La soirée perd de son sens premier, au moins autant qu'elle en gagne. Tu es perdu entre tes volontés et tes motivations, elle te fait oublier la raison même te ta présence entre ces murs, éclipse d'un battement de cils les autres convives et quelques sujets bien plus importants que tu devrais être en train de traiter en ce moment même. Au lieu de cela, tu confies ton empire à quelques amis, pour t'accorder le droit de bavarder avec elle. Tu le sais pourtant, tu devrais prendre de la distance ; t'approcher de la fille Bartholomew n'a jamais été ton idée la plus fine, bien au contraire. Tu devrais te raccrocher à tes souvenirs, les plus douloureux, ceux qui t'ont envoyé en prison et qui t'ont permis d'y survivre. Si tu te penchais un peu plus sur cet aspect de votre relation passée, sans doute que tu ne serais pas là, à perdre du temps en parole, à lui exposer un morceau de ton cœur comme tu le fais. Tu en as toujours quelque chose à faire, d'elle. Et il est bien là le problème. Tu replonges, comme un toxicomane devant une seringue. Tu replonges malgré tous tes efforts et tes regrets, juste pour te souvenir de cette sensation. Celle de son regard sur ta personne, de son attention sur l'homme que tu es devenu. C'est grisant et tu finiras par le payer, mais tu t'en fais la promesse ; ne jamais retomber aussi bas que précédemment. Ne jamais, plus jamais, lui donner le droit d'être le bourreau, plus jamais, lui mettre l'épée dans la main pour t'achever.
Les conversations sont cordiales, malgré les piques qui s'y glissent. Présent qui se mêle au passé, rancune et les résidus d'un amour malmené. « Pour votre plus grand bonheur. » Que tu reprends, levant légèrement ta coupe à l'attention de la blonde, pour trinquer à ses derniers mots. Et quel bonheur. C'est l'ironie qui borde tes sourires et ton cœur qui se tend un peu plus à cette perspective. Heureusement, la conversation dérive sur autre chose, des sujets qui te touchent de tout aussi près, mais qui ne mettent pas ton palpitant en jeu. À nouveau, tu te fais légèrement acide dans tes propos. Tu te perds dans la métaphore de la blonde, en saisissant chaque subtilité comme un poignard supplémentaire qu'elle t'enfonce entre les omoplates. Tu ne décèles pas une once de regret dans ses mots, pas plus dans ses prunelles. « Encore aurait-il fallu que tout cela ne soit qu'un jeu. » Une réponse presque murmurée, un sourire en coin qui habille ton visage. Tu prends une nouvelle gorgée de champagne, Alec. Toute cette histoire, ça n'a jamais été un jeu – pas pour toi, en tout cas. Un soupir t'échappe et tu lui proposes finalement ton bras. « Me feriez-vous le plaisir de m'accompagner à l'extérieur pour une courte promenade ? Le temps d'une cigarette, rien de plus. » C'est plus qu'une simple proposition, c'est de la provocation, c'est évident. Tu le sais, si elle accepte, elle va mettre son image en jeu et certains en parleront de nombreux jours encore. Mais tu as envie de croire qu'elle est encore là, cette jeune Bartholomew qui se serait brûlée pour un peu d'adrénaline et quelques baisers contre sa peau de jouvencelle.
Tu attends, jusqu'à ce qu'elle daigne t'accompagner. Alors seulement, tu prends l'initiative d'abandonner la fosse aux lions pour rejoindre le parc de la salle de réception. L'extérieur parfaitement entretenu, une herbe rase, des arbres anciens dont les branches se contorsionnent avec grâce, de faibles jeux de lumières dansant entre les feuilles. Tes pas s'ancrent pourtant au sentier de marbre qui se dessine en arabesque, promettant une aventure lissée entre les buissons et autres fleurs plus sauvages. Une cigarette au bout des lèvres, tu lui en proposes une par politesse, avant de prendre une première bouffée de nicotine. « N'est-ce pas magnifique, ce que l'on peut s'offrir pour assez d'argent ? » Tu as connu le meilleur et le pire, le faste et la fortune, la pauvreté et les jours incertains. Mais tu as toujours été fasciné de voir ce que l'homme pouvait faire, pour un peu d'argent. « Malheureusement, ça n'a jamais été suffisant pour vous. Ou pour votre famille. » Tu n'as jamais vraiment su, qui d'elle ou de sa famille, avait été à l'origine de ta chute. Et aujourd'hui, ça importe peu. Tu tires un peu sur ta clope, relâchant un filet de fumée en une longue inspiration. Tu t'arrêtes au milieu du chemin, loin du reste du monde, pour contempler les étoiles, alors que la plus belle d'entre toutes demeure sur Terre, à tes côtés – brûlante mais inaccessible. « Vous m'avez manqué, Erin. » Un aveu qui perce le cœur et bafoue les bonnes résolutions.
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Mer 19 Sep - 20:40

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La sensation est déplaisante. Douloureuse. Être là, si près de lui et pourtant, si distante. Elle a l’impression qu’un fossé entre eux s’est creusé, au fil des années, de la solitude, et de ces kilomètres qui les ont séparés. Ou peut-être étaient-ce ces conquêtes, si nombreuses, qui ont profité du corps de la jeune femme ces années durant. Ou était-ce ses opinions politiques si différentes des siennes. Ou encore la prison. Le fait qu’elle ai passé des années sans le voir, sans le fréquenter, sans entendre le son de sa voix, sans même pouvoir profiter de son touché. De sa peau contre la sienne. Son crépitant se brise dans sa poitrine, et revit en même temps. Drôles de sensation. Illusions passées, ou réalités cachées ? Que se passe-t-il réellement ? Qu’adviendra-t-il d’eux quand ils quitteront la soirée ? Seront-ils encore des étrangers, s’envoyant des piques à la moindre occasion ? Ou le fossé qui les sépare commencera-t-il à se résorber ? Et à quel prix ? Etait-elle réellement prête à sacrifier sa famille, son héritage, sa réputation, le monde qu’elle s’est construite, pour des sentiments peut être futiles ? Elle n’en sait rien. Sans réellement comprendre comment c’est possible, elle se rend compte qu’elle ne l’a jamais oublié. Pire, qu’il lui a cruellement manqué. Elle se rend compte qu’il n’était pas juste une amourette de passage. Juste un mec dont elle aurait pu profiter avec grand plaisir. Il était son premier véritable amour. Sera-t-il le dernier ? Elle n’en sait rien, refuse d’y penser. Refuse même que ses pensées s’attardent sur ce fait. Elle ne comprend pas, elle a peur. Peur de ce qui pourrait advenir, peur de voir que, finalement, elle n’est rien d’autre que dépendante de ses sentiments. Bordel, c’est, en cet instant, tellement compliqué dans la tête de la jeune Bartholomew. Et elle lui en veut. Lui là, dont sa famille n’a que faire de ce qu’il advient, dont ses liens avec la société ne sont que futiles et inutiles. Lui, dont la vie est si facile. Que peut-il comprendre à sa situation de noble, à sa situation compliqué dont les obligations sont nombreuses ? Que peut-il comprendre au passé de sa famille, à l’histoire et à l’héritage qu’elle porte ? Aux manipulations et aux combats internes qui existent à chaque seconde de sa vie ? Que comprend donc-t-il à tout ceci ? Ou se fiche-t-il complètement de ce qu’elle risque ? Bien sûr, c’est égoïste. Sans le reconnaître, elle sait parfaitement que des deux, elle s’en sortira toujours mieux. Sa naissance lui offre des privilèges qu’il n’aura jamais. Jamais. Même s’il venait à prendre son nom, même s’il venait à demander sa main et même si, par miracle, elle était acceptée par son père, jamais il ne serait des leurs. Pire même, elle subirait les foudres d’une famille connue par des penchants particuliers et par des goûts du sadisme plutôt effrayants. Soupire mental. Dans quoi encore s’embarque-t-elle ? Et pourquoi ne peut-elle pas résister à cette aura mystérieuse qui l’entoure ? A ce fil électrique qui ne cesse de la ramener à lui. Oh elle le sait, la bague de fiançailles que son annulaire droit porte lui donne des obligations. Respecter son cousin, au passage futur époux. Ne pas traîner avec n’importe qui. Et pourtant, elle ne veut qu’une chose, se rapprocher encore de lui. Malgré les barrières qu’elle s’impose. Malgré le masque de fer qu’elle a revêtu sur son visage. Elle a l’impression de naviguer dans un véritable délire, de se perdre dans un labyrinthe infini, où elle ne ressortira que perdante. Et pourtant, la sensation est tellement grisante. Foutu dilemme. A sa remarque elle esquisse un sourire mi-figue, mi-raisin, avale une nouvelle gorgée de champagne, préférant ne pas répondre.
Quel bonheur de marier son cousin.
Quel bonheur de lier sa vie à l’héritier d’une famille.
De la famille Bartholomew.
Ouais, quel bonheur, comme il dit. Et pourtant, elle ne pipe mot. Son devoir et sa responsabilité envers sa famille collant sa langue à son palais, nouant ses lèvres dans un silence révélateur.
Effectivement. Encore fallait-il que ce soit un jeu. La phrase tombe et ses dents grincent dans sa mâchoire. « Tout est un jeu pour certains. » Elle ne dit rien, le murmure à peine. « Et parfois, on est pris dans le jeu de quelqu’un d’autre, simple pion sur un échiquier bien trop grand, malgré les alliances et les sentiments que l’on construit de son côté. » Elle était le pion de son père. Le pion de la famille Bartholomew. Un pion qui n’avait rien à dire, rien à faire, juste obéir. Un pion qui, bien longtemps auparavant, avait perdu toute possibilité de contester les actions des aînés. Il aurait dû le comprendre depuis tant d’années, mais elle s’y était attendu. Alors elle ne répliqua pas, ne détailla pas sa pensée. A quoi bon de toute façon ? Elle craignait qui ne la croit pas, qu’il n’y voit là qu’un mensonge d’une fille noble pour couvrir sa réputation et, d’une certaine façon, qui pourrait donc le blâmer ?

Sa demande par contre, la surprit. L’accompagner ? Sortir à son bras ? Etait-ce réellement une bonne idée. Elle était fiancée. Avec son cousin. Ca parlait déjà suffisamment d’elle dans les médias, souhaitait-elle réellement en rajouter une couche ? Faire jaser la haute d’une promenade au bras d’un mec qui avait été en prison ? Qui plus est, d’un roturier ? C’est une étincelle de culot qui pétilla dans son regard quand elle plongea celui-ci dans les yeux d’Alesdair. « J’en serai enchantée. » Répondit-elle, polie. Elle glissa son bras dans le creux de celui de l’homme à ses côtés. Erin avait toujours été comme ça. Provocante. Et lui, plus que n’importe quel autre homme, lui donnait envie de continuer. D’envoyer valser certaines conventions sociales, par provocation.

Finalement, ils s’éloignent alors, passant par la foule présente à cette soirée, pour finalement sortir en dehors de la salle. Elle a bien senti les regards sur son corps. Mais son port de tête n’a pas bougé d’un cil. Ni même le regard de glace, dissuadant qui que ce soit de se mêler de ses affaires. Son sourire et son faciès, malgré tout, restaient agréables et cordiaux, contraste saisissant avec le regard qu’elle dardait sur les moindres regards trop appuyés sur sa personne. Qu’ils regardent – après tout ils étaient plaisants – mais qu’ils ne s’attardent pas. Finalement, ils finissent par sortir, par profiter de l’air vivifiant de la nuit. Un chemin de marbre se dessine devant eux et leurs pieds le suivent sans souci, au gré des hanches d’Erin qui balancent à chacun de ses pas. Elle doit l’avouer, l’extérieur de la salle est à couper le souffle. C’est magnifique. La vie d’Alesdair avait bien changé. « Effectivement, ça l’est. » Répondit-elle. Tout ne pouvait pas s’offrir avec de l’argent, mais beaucoup de biens matériels étaient à leur portée, elle le comprenait parfaitement. « Ma famille a une conception étroite et très simple de la vie… » Laissa-t-elle entendre, soupirant. « Elle se résout au nom de Bartholomew et au sang qui coule dans les veines. » Le mépris s’entendait dans le ton de sa voix, bien qu’elle faisait attention à la façon dont elle s’exprimait, ni trop forte pour être entendue par d’autres, ni trop doucement pour qu’il puisse tout de même l’entendre. « Pour ma part, je pense avoir prouvé que ce n’était pas mon cas. » Après tout, elle avait été là, à ses côtés. Elle l’avait aimé. Et l’avait perdu. Et était toujours là aujourd’hui, alors que comme d’autres, elle aurait pu rire de lui et de sa politesse. Ou même l’ignorer simplement. Ou juste ne pas venir à sa soirée. Elle n’appréciait pas (du tout) qu’il la mette dans le même sac que sa famille. Mais d’un autre côté, pouvait-il réellement en faire autrement ?

Sa remarque lui fend le cœur. Dans le bon sens. Dans un sens qu’elle aurait préféré ne jamais entendre. N’aurait-il pas été plus simple de juste devoir se contenter d’épouser son cousin ? N’aurait-il pas été plus simple pour eux deux de passer à autre chose ? De tourner la page. Elle ferme les yeux, inspire profondément, avec la volonté secrète de se remémorer chaque instant de ce moment. Chaque flagrance. Chaque bruit. Le souffle de sa respiration, l’odeur de sa cigarette, partiellement voilée par son eau de toilette. Se souvenir du costume qu’il porte, de son port de tête et de sa présence. Ou encore de ce charisme hypnotique qui parcours chaque fibre de son corps. Elle veut se souvenir de lui. Comme il est désormais. Comme il a été. Sans le terrible fossé qui a du les séparer. « Vous aussi Alesdair. » Elle remonte son visage, ses prunelles venant se plonger dans les siennes et, à la lumière faible des lampadaires parsemés dans le parc, une fissure, une première depuis la soirée, déchire son visage de poupée. Révélant dans ses yeux une douleur enfouie depuis si longtemps qu’elle-même n’en avait pas eu conscience. « Je… » Elle retint sa respiration et les sanglots qu’elle sent monter. Elle ne peut se le permettre. Sa tête penche un instant sur le côté, ses yeux se ferment, sa respiration se bloque et une seconde plus tard le contrôle est repris. Habitude vieille de plusieurs années, d’un âge suffisamment jeune où elle avait déjà tout compris. « Je suis désolée. » Réussit-elle à dire, sans masquer complètement les tremblements de sa voix et la sincérité latente qui s’en dégage, alors que ses yeux se plongent à nouveau dans les siens. « Comment puis-je me faire pardonner ? » Pour toute less années passées, pour la douleur de se faire enfermer, pour la trahison qu’elle lui a infligé. Comment pardonner l’impardonnable ?


HJ : j'viens de finir, j'm'étais dit que j'allais attendre un peu pour te poster la réponse, mais j'ai pas pu désolée


IL N'Y A POINT D'ENDROIT
POUR LES GENS COMME TOI.
dans son ombre rampent les impurs

Dialogues : #660033
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Charmante soirée ◊ Alesdair

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